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Avant de devenir arme sociale, l'érotisme fut
sublimation de l'instinct. Tout érotisme antique est une réference
continuelle aux mythes de la vie réligieuse, à une liturgie
secrète qui permet de le representer, d'en faire la scène
ouverte sur l'univers et de voir dans l'extension des plaisirs charnels
un moyen de progression de l'âme. C'est un univers chaud et fertile
oü l'acte sexuel offre une profonde experience du mystere de l'entité
unique qui s'est doublée en se manifestant de la Genèse
à Platon.
L'érotisme d'origine mésopotaniienne et phénicienne, l'érotisme biblique et l'érotisme hellénique gardent longtemps ce pretexte où mythologie, mythes et metaphysique sont plus que des parures; sä désacralisation est très lente et il faudra près de dix siècles pour que les courtisanes sacrées deviennent des figurantes du plaisir imaginé et donc organisé. Ces courtisanes — et ces courtisans — même sous le regard jaloux de Jahve étaient nommés gedeshim et gedeshãh, saint et sainte: l'empreinte divine n'a jamais cesse de modéler la notion de l'être soumis à l'esclavage du corps. Avant ces périodes historiques, nous n'avons nul point de repère solide. Dans la préhistoire, au stade probablement anonyme de la paternité, le matriarcat tendait à exclure une recherche érotique qui semble étroitement et traditionnelleinent liée au triomphe de l'homme et de sä civilisation. C'est la sans doute une analyse subjective. Le matriarcat, aux époques préhomeriques, sur tous les rivages de la mer Égée, au nom de religions axées sur le culte exclusif de la femme, réduisit l'homme ä l'étalon. Du Temple é lArmée et à l'Armée et à l'État, l'homme n'était rien devant les Amazones de la légende. Pour que cette domination fut consommé, l'homme devait être couché passivement sur le dos tandis que la femme en montait le membre et chevauchait jusqu' à en être satisfaite et imprégnée. À lire chez Aristophane, la Vénus pendula d'Apulée et l'Equus hectoreus d'Ovide. |