L'Égypte place ses symboles phalliques au centre de l'univers,
dans une veritable splendeur symbolique sans pourtant renier Bès,
Priape du Nil. La croix-union-des-deux-sexes (Ankh.) L'inceste
lui-même devient sacré. Cela n'empêche pas Ramses
II d'avoir cent soixante enfants naturels, sans doute protégés
par Min, le dieu ithyphallique.
Prostitution sacrée, prostitution vénale (la fille de
Cheops en fut le plus bel ornement), perversions sexuelles jusqu'à
la bestialité, appartiennent au décor érotique
de l'Égypte, dont on nous a montré des aspects anodins,
oubliant de nous faire lire Hérodote et Pline. Le phallus artificiel
d'Osiris.
L'Égypte voit naître aussi une idée qui s'efforce
d'inventer la «conception» sans tache que tant de religions
ont reprise; Osiris - en tant que taureau Apis - serait né
d'une vache vierge visitée par un rayon de lune chargé
de puissance virile. Une admirable poésie peuple les souvenirs
érotiques égyptiens:
La bouche de ma sceur est un bourgeon
Son sein, une pomme d'amour
Son bras, une vive branche
Qui m'offre une place secrète
... ... ... ... ... ... ....
La douce, si douce dans l'amour... [...] Si douce en amour!
Nous sommes très près de Gilgamesh et de Salomon.
Le goût immodéré du sexe en Israel, exalté
par les interdits, nous amène au plus beau chant sensuel du Moyen
Orient. Le Cantique des Cantiques (IVe siede av. J.-C.):
Une source close, une fontaine scellée
Le creux de toi est un paradis de grenades.
IV, 13