De la Haute-Garonne à l'île de Malte, de
la Moravie à l'Inde, de la Dordogne à
la Mésopotamie, sexe, seins, cuisses plis du ventre et
jambes minces se retrouvent avec une monotonie qui ne peut être
que le fruit de l'instinct. Ces sculptures indiquent bien un choix,
une sélection, un goût déterminé, et leur
réalisme n'a rien de commun avec le réalisme objectif
des statuettes masculines. où l'homee répond habituellement
à des canons qui seront les canons du mâle de l'aert historique.
Il est clair que la puissance génésesique se présente
comme la première force digne de l'adoration des hommes. La femme
y participe obscurément en doublant en quelque sorte les "raisons"
de l'homme; qu' on se souvienne que sous l'influence de l'excitation
sexuelle, une femme considère son corps comme déstiné
au plaisir de l'homme; c'est cette émotion complexe qui forme
la phase initiale de son propre plaisir."
Dans la vision féminine conçue par les hommes, cette puissance
génésique se confondait avec une abondance fabuleuse.
Dans la vision maaculine, conçue par les femmes et consacrée
par les hommes, la puissance génésique devenait délire
dimensionel. Du phalla-stèle à l'obélisque.
L'Égypte place ses obelisques au centre de l'univers pharaonien;
ce Symbole phallique, ce principe créateur dans lequel il n'y
aurait pas de continuité ni d'espèce, fut précédé
d'innominables stèles du même ordre et d'une morphologie
plus cohérente à la realité; et il fut suivi par
de non. moins innominables symboles que l'architécture revèle
ou absorbe. La coneeption hieratique ou réligieuse de ces nionumeiits
implique une profonde chastete, ineine dans leur apparence la plus «
provocante », car chaste fut l'intention (et le style) de l'artiste.