En. remontant du Delta du Nil vers la Méditerrané
Orientale, vers la «Syrie des deux fleuves», en passant par le pays
de Chanaan, nous rencontrerons des civilisations sémitiques,
parfois paralleles, où sont nés de hauts mirages que
les hasards de l'histoire nous ont fait partager.
Dans ces nations, Isis est devenue (ou était) Ishtar,
Astarté, Astaroth, comme elle deviendra Kâli
aux Indes, Déméter en Grèce, Tanit
à Carthage et Vénus Genitrix à Rome: il
s'agit toujours, de l'Aphrodite Mylitta à l'Aphrodite
d'Ascalon, en passant par l'Arthemis d'Ephése, de
la même Déesse-mère d'Asie.
C'est la Mésopotamie qui nous offre dès le néolithique
(au moins) un immense harem de figurines féminines nues, jambes
ecartées, le bras désignant le sexe (fouilles de Tello,
Niffar, Halaf, Ubaid, Warka etc.), plus fréquentes que les
argiles proprement érotiques, tel cet accouplement de Kish,
la janabe de la partenaire levée, ou celui de Tello où
la femme, prise par derrière, boit malicieusement avec un long
chalumeau...D'un fond commun jailliront ici les épopées
de Gilgamesh et de l'Ancien Testament et tous les chants parfumés
de la Bible.