HAUTE ANTIQUITÉ - POÈMES D'AMOUR
On lit enfin, sur l'épitaphe d'une femme du Moyen Empire ce texte
qui honorerait tout amour de n'importe quelle epoque:
La douce, si douce dans l'amour
La douce, si douce dans l'amour près du roi
La douce, si douce dans l'amour pres des hommes
Ah! que ne suis-je la fougère...
En Extreme-Orient, au IVe siècle av. J.-C.,
Tao Youan-ming (365-427) écrivait aussi dans son Poème
sur la Beauté de la femme:
Que ne suis-je
L'ourlet de ta robe
Que je suis-je un roseau
Serré dans la natte de ton lit...
Les dieux et les hommes engendraient la même
poésie. Quand Amon s'unit à la reine (d'où
naitra Hatshepsout), le poète dit:
II la desira
II plaça son coeeur sur elle
Un autre poete dit:
O, mon beau, mon desir, mon coeur...
Que je sois remplie de tes choses
Quand je suis couché près de toi,
tu élèves mon coeur
Jusqu'aux lamentations d'Isis, sur le corps
de son époux et frère, la tendresse est présente:
O être bon, toi justifié, viens
vers ta soeur,
Viens vers ta femme, viens vers ta femme;
0 coeur paisible, vers la maîtresse de ta maison
Je suis ta soeur, née de ta mère
La beauté de l'Égypte franchit ainsi
le temps, grace à la poesie de son peuple et la subtilité
de son art. Sans trop solliciter l'imagination, nous revoyons ces
êtres, d'une beaute authentique, l'homme musclé au bassin
étroit, la femme mince et harmonieuse, à l'immense chevelure
noire, appeler du fond des âges le suprème bonheur, et
y croire.